Lundi 15 août 2011
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Un livre que j'ai trouvé absolument jubilatoire cette année, c'est bien le "Taxi, Take off, Landing" de Sébastien Gendron,
pastiche de roman d'espionnage complètement délirant. C'est donc tout naturellement que je lui ai demandé de remplir mon questionnaire diabolique et très gentiment que Sébastien s'y est plié. Si
vous voulez plus d'information sur cet auteur et sur beaucoup d'autres choses, je vous invite à visiter son blog " Petit
laboratoire des potentialités globales" Merci encore à toi Sébastien :o)
Questionnaire de
Proust
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Le principal trait de mon caractère ? Je suis férocement
optimiste
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La qualité que je préfère chez un homme ? Quand il sait dire:
« Ouais, bon, ok, je me suis planté »
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La qualité que je préfère chez une femme ? Sa capacité à être un bon
copain
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Ce que j'apprécie le plus chez mes amis ? Leur fidélité même quand la
mienne est discutable
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Mon principal défaut ? La procrastination (ça aide à rester
optimiste)
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Mon occupation préférée ? Ben, à part
l’écriture…
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Mon rêve de bonheur ? L’éternité, plus quelques
jours
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Quel serait mon plus grand malheur ? Mourir un dimanche après midi,
juste après la sieste
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Ce que je voudrais être ? Un hybride de Francis Ford Coppola, Raymond
Carver, Bertrand Blier et Pascal Garnier
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Le pays où je désirerais vivre ? Une île tropicale, petite,
évidemment. Avec une liaison internet
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11. La couleur que je préfère ? Le bleu
nuit
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La fleur que j'aime ? Le lys blanc
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L'oiseau que je préfère ? L’oie sauvage quand elle revient au
printemps
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Mes auteurs favoris en prose ? Pascal Garnier, Donald Westlake, Tim Dorsey, JP Manchette, Jim Thompson, Richard Brautigan, John
Fante…
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Mes poètes préférés ? Je n’ai jamais été très attiré par la poésie,
ce sont plutôt des souvenirs de récitation niveau école primaire. Mais à l’époque, entre Emile Verhaeren et Robert Desnos, mon préféré ça restait quand même Prévert. Et dans un tout autre
style, il y a le recueil, trop rare, des poèmes de Richard Brautigan « Il pleut en amour », et là, ça frise l’extase
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Mes héros favoris dans la fiction ? En tout premier, c’est le Martin
Eden de Jack London. Ensuite, ça part dans tous les sens : le Raskolnikov de Dostoïevski, la vache Larchmutz 5632 de JB Pouy, le Serge A. Storm de Tim Dorsey, le Dortmunder de
Westlake…
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Mes héroïnes favorites dans la fiction ? L’un des personnages qui
m’ait le plus renversé c’est Fay, l’héroïne du roman éponyme de Larry Brown. Mais il y a surtout l’Ada de Nabokov. J’ai aussi adoré détester et être amoureux de la Mona d’Henry Miller. En
dehors de la littérature, il y a toutes les femmes des films noirs américains, et toutes les blondes d’Hitchcock (à l’exception de Doris Day, la gueularde de service de « L’homme qui en
savait trop »). Fatales, garces et combattantes, armaturées dans des soutiens gorges à torpilles. Et pour finir, définitivement : Emma Peel.
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Mes compositeurs préférés ? Je voue une grande passion à la musique
de film. Dans ce domaine, je me fais fréquemment de longs sets de Morricone qui reste quand même l’un des maîtres absolue du genre, de même que ses collègues Lalo Schifrin, Bernard Hermann,
George Delerue, Danny Elfman, j’en passe
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Mes peintres favoris ? Lichtenstein, Warhol, Munch, Freud, Soulage,
Basquiat, les deux Brueghel, Hopper…
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Mes héros dans la vie réelle ? Il y a pas mal de gens que j’admire
pour leurs engagements, leurs ligne de conduite, leurs capacités à mener des projets qui n’ont pas leur place dans l’époque pour telle ou telle raison, mais de là à dire que je les considère
comme des héros, on touche là la limite historique de ce questionnaire. Y a-t-il encore la place pour des héros réels aujourd’hui, franchement, je n’en sais rien. Il y a des gens qui résistent
à un système qui oppresse. Ceux-là ont toute ma sympathie.
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Mes héroïnes dans l'histoire ? Louise Michel, les suffragettes
anglaises de 1903, Marie Curie, la Vénus de Brassempouy…
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Mes noms favoris ? Maïeuticienne, irréfragable, callipyge, cacochyme.
Et puis j’aime aussi les insultes: connard, saloperie, pauvre merde, tarte molle, pomme à l’eau…
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Ce que je déteste par-dessus tout ? Le fait que l’extrême droite
puisse être représentée politiquement sous prétexte que c’est la démocratie qui veut ça, et que cette représentation permette à toute une ribambelle de connards de se comporter comme des
ordures. Je ne comprendrais jamais pourquoi on condamne des gens pour des propos et des actes racistes alors que le Front National siège à l’Assemblée Nationale. Sans compter l’influence
électoraliste qu’à ce parti sur le pouvoir en place
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Caractères historiques que je méprise le plus ? La naissance de
toutes les religions ou comment l’homme a renoncé à comprendre par lui-même. Au-delà des génocides, je serais bien curieux de savoir, ne serait-ce qu’au cours des deux milles dernières années,
combien de morts comptabilisent chacune de ces saloperies de pensées uniques
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Le fait militaire que j'estime le plus ? Lorsque Luke Skywalker
prétend vouloir devenir un grand guerrier, Yoda lui répond que nul ne devient grand par la guerre. Je n’estime aucun fait militaire. Dans ce domaine, je tirerais plutôt mon chapeau à Dominique
de Villepin pour son discours devant le Conseil de sécurité de l’ONU en 2003, contre la guerre en Irak. Et pourtant, je ne porte pas ce type dans mon cœur. Comme quoi
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La réforme que j'admire le plus ? L’abolition de la peine de
mort
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Le don de la nature que je voudrais avoir ? La capacité qu’ont les
animaux de sentir arriver les emmerdes longtemps à l’avance
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Comment j'aimerais mourir ? Je ne veux pas
mourir
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État présent de mon esprit ? Semi vacance, semi
éveil
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Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence ? Sans conteste, le vol.
Ensuite, le mensonge par omission
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Ma devise ? Demain est un autre jour
Ce que Proust n’avait pas
prévu…
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Quel est le dernier spectacle que tu as vu ? Ca remonte à
l’année dernière, mais ça valait le détour : Neil Hannon, le chanteur de Divine Comedy, en solo au piano, Salle Pleyel à Paris. Deux heures de bonheur
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Quelle est la chanson que tu écoutes le plus en ce moment ? Ca
comme ce à dater, mais dès que j’allume mon Ipod dans le train, je me mets ça : « Time to pretend » de MGMT. C’est d’une tristesse absolue et ça donne sérieusement envie de
danser.
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Quel est le dernier film que tu as vu ? « True Grit »
des frères Coen, et ce soir, ce sera « Super 8 » de JJ Abrams.
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Quel est le dernier livre que tu as lu ? « Sukkwan
Island » de David Vann.
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L’auteur qui t’as le plus impressionné dernièrement ? Léo Henry,
une espèce de petit salopard d’à peine 30 ans qui a pondu le roman le plus déjanté de cette année, « Rouge gueule de bois », chez La Volte. Au-delà du grand n’importe quoi, l’écriture
est d’une dignité rieuse incroyable, un style débordant d’ingéniosité et suffisamment ampoulé pour être en permanence sur la ligne frontière entre le grandiose et le parfaitement
ridicule (note de la polardeuse: entièrement d'accord avec Sébastien...ce livre est une petite merveille)
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Comment es-tu devenu auteur de polar ? En cherchant à faire
comme mon père qui adore faire des jeux de mots mais va passer par tout un tas de détours, construire toute une histoire pour arriver là où il veut. En général, on le sent venir à des
kilomètres, mais souvent l’histoire vaut le coup. Mon premier roman, c’était ça. Cent pages de course poursuite sur la Butte Montmartre pour un jeu de mot hyper capillitracté. En gros et
pour simplifier, ça c’est à peu près passé comme ça.
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Ou trouves-tu tes idées ? Ton inspiration ? La plupart du
temps sans y penser. Ca me tombe dessus. A la terrasse d’un café, je vais voir un quinqua en costard discuter avec deux mômes en survêt et une histoire va venir toute seule sur ce qui a mené à
cette rencontre. Sinon, ça me vient aussi pendant la vaisselle, dans le train, parfois en m’endormant.
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Y a-t-il des livres qui t’ont donné envie d'écrire ? Des tonnes. « Revenant » de Paul Auster. « Bandini » de John Fante. « Willard
et ses trophées de bowling » de Richard Brautigan, « Crocodile » de Philippe Djian…
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A tes yeux, qu’est-ce qui caractérise un bon
polar ? Absolument rien. Je sais juste que je ne lis pas de polar dont le personnage principal est un héro
absolu qui trouvera à la fin l’identité du meurtrier sans qu’on en doute un seul instant. Pour le reste, il n’y a pas de règle. Soit j’ai envie de me marrer, et je prends un Westlake, soit j’ai
envie de grincer des dents et je pioche à Thompson. Soit j’ai envie de découvrir quelqu’un et là, c’est la loterie.
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Un livre que tu aurais aimé écrire ? « Triggerfish twist » de Tim Dorsey, sans la moindre hésitation. Le grand n’importe quoi
élevé au rang d’art.
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Quels sont tes prochains projets ? (livres ou autres) Mon
prochain bouquin sort en octobre chez Baleine et clôt une trilogie involontaire sur les îles commencée avec « Mort à Denise ». Un livre numérique chez StoryLab pour septembre. Après…
ce ne sont pas les idées qui manquent.
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Quelque chose à rajouter ? Ben je vais vous souhaiter une bonne journée…
Par Mireye
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Publié dans : Auteurs sur le grill...
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