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http://img.over-blog-kiwi.com/0/55/10/91/201312/ob_15ea2b47a0ef7ff4cada99f45f6fbef5_lapin-borgne.jpgLe lapin borgne de Christoffer Carlsson aux éditions Balland

A quelques kilomètres du village de Dalen, il existe une maison abandonnée dissimulée par une forêt épaisse et sombre. Lorsque David, étudiant à Stockholm, rentre de l’Université pour les vacances, ses amis d’enfance le convainquent de s’y installer. Ils passent de longues journées d’été à bronzer, faire l’amour et improviser des barbecues. En quête d’argent facile, le plus marginal d’entre eux cambriole les maisons voisines dans le but de revendre sur des brocantes. Mais la disparition soudaine d’Emmanuel, homme seul et âgé, attise les soupçons des villageois et bouleverse le petit trafic de la bande de jeunes. Peu à peu, la vieille maison qui leur servait de refuge se meut e, théâtre des vanités, révélant la face sombre et la violence latente de chaque membre du groupe.

Traduit pour la première fois en France, Christoffer Carlsson malgré son jeune âge (26 ans) n’en n’est pas à son coup d’essai. Il signe là un polar psychologique « initiatique » assez bien mené, une histoire ou les protagonistes, entre l’adolescence et au seuil de l’âge adulte, vont découvrir le monde du mensonge, les amitiés trahies, les amours coupables. L‘histoire est relativement banale, une vieille maison abandonnée, des copains d’enfance qui se retrouvent et bien sûr un meurtre. Pour tout dire le sujet est, non pas bancal mais plutôt casse gueule, l’intelligence de l’auteur est d’y apporter un traitement en profondeur, il fouille la psychologie de ses personnages et le fait avec un soin tout à fait intéressant.

Le choix d’utiliser un personnage (David) pour raconter l’histoire permet d’ailleurs de se sentir très proche et vite inclus dans la vie de ce groupe de jeunes. On va également découvrir la vie de ce village beaucoup moins tranquille qu’il n’y parait. Je parlais plus haut de polar initiatique, et c’est vraiment ce que j’ai ressenti en lisant ces quelques 420 pages. Il y a presque là-dedans les éléments qui pourraient figurer comme autant de rites d’entrée dans l’âge adulte, cette impression aussi lorsqu’on retourne après des années dans un lieu qu’on a bien connu et s’apercevoir que les choses paraissent comme étriquées avant de se rendre compte que rien n’a changé excepté notre vision de ce monde. Le fait que le jeune héros est étudiant en philosophie n’est sans doute pas étranger à ces introspections.

Quant au mignon petit lapin de la couverture, je vous laisse la joie de le « rencontrer », c’est un des éléments surprenant de cette histoire.

Par contre il est vrai que si ce roman à un intérêt, il ne m’a malgré tout pas fait palpiter. Je n’ai rien contre une certaine lenteur à partir du moment où cela se justifie pour porter au mieux l’histoire. Rien de tout ça ici, la lenteur est réelle mais relativement inutile et de se fait risque plutôt de lasser le lecteur.

Un avis donc en demi-teinte. J’ai apprécié le traitement de la psychologie des personnages mais cela est contrebalancé par cette lenteur et une certaine platitude dans l’écriture. L’auteur à lu les maîtres du genre, cela se sent, il lui reste à digérer ses lectures.

Il n’empêche que je n’ai pas abandonné le roman en cours de route, ce qui à mes yeux est déjà le signe que les ingrédients sont là et qu’il ne manque plus qu’un peu de maturité pour faire monter la sauce.

Tag(s) : #Romans noirs - policiers - thrillers...

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